Supplique à notre famille, à nos amis et autres
personnes
1 an, 2 ans, 5 ans, 10 ans, 20
ans même nous séparent du départ de notre enfant et
nous, parents en deuil, avons besoin des autres.
Bien que nous ne soyons pas
facile à vivre, nous aimerions rencontrer de la
compréhension dans notre entourage ; nous avons
besoin de soutien.
Nous aimerions que vous n’ayez
pas de réserve à prononcer le nom de notre enfant
mort, à nous parler de lui.
Il a vécu, il est
important encore pour nous ; nous avons besoin
d’entendre son nom et de parler de lui ;
alors, ne
détournez pas la conversation. Cela nous serait
doux, cela nous ferait sentir sa mystérieuse
présence.
Si nous sommes émus, que les
larmes nous inondent le visage quand vous évoquez
son souvenir,
soyez sûrs que ce n’est pas parce que
vous nous avez blessé.
C’est sa mort qui nous fait
pleurer, il nous manque !
Merci à vous de nous avoir
permis de pleurer, car, chaque fois, notre cœur
guérit un peu plus.
Nous aimerions que
vous n’essayez pas d’oublier notre enfant,
d’en effacer le souvenir chez vous en éliminant sa
photo, ses dessins et autres cadeaux qu’il vous a
faits.
Pour nous ce serait le faire mourir une
seconde fois.
Etre parent en deuil n’est pas
contagieux ; ne vous éloignez pas de nous.
Nous aimerions que vous
sachiez que la perte d’un enfant est différente de
toutes les autres pertes ;
c’est la pire des
tragédies.
Ne la comparez pas avec à la perte d’un
parent, d’un conjoint ou d’un animal.
Ne comptez pas que dans un an
nous serons guéris ; nous ne serons jamais
ni
ex-mère, ni ex-père de notre enfant décédé, ni
guéri.
Nous apprendrons à survivre à sa mort et à
revivre malgré son absence.
Nous aurons des hauts et des
bas.
Ne croyez pas trop vite que notre deuil est fini
ou au contraire que nous avons besoin de soins
psychiatriques.
Ne nous proposez ni
médicaments ni alcool ; ce ne sont que des béquilles
temporaires.
Le seul moyen de traverser un deuil,
c’est de le vivre.
Il faut accepter de souffrir
avant de guérir.
Nous espérons que vous admettrez nos
réactions physiques dans le deuil.
Peut-être allons
nous prendre ou perdre un peu de poids, dormir comme
une marmotte ou devenir insomniaques,
le deuil
rend vulnérable.
Sachez, aussi, que tout ce que
nous faisons et que vous trouvez un peu fou est tout
à fait normal pendant un deuil ; la dépression, la
colère, la culpabilité, la frustration, le désespoir
et la remise en question des croyances
et valeurs
fondamentales sont des étapes du deuil d’un enfant.
Essayez de nous accepter dans l’état où nous sommes
momentanément sans vous froisser.
IL est normal que la mort d’un
enfant remette en question nos valeurs et nos
croyances.
Laissez-nous remettre notre religion en
question et retrouver une nouvelle harmonie avec
celle-ci sans nous culpabiliser.
Nous aimerions que
vous compreniez que le deuil transforme une
personne.
Nous ne serons
plus celle ou celui que nous étions avant la mort
de notre enfant et nous ne le serons plus jamais.
Si vous attendez que nous redevenions comme avant
vous serez toujours frustrés.
Nous devenons des
personnes nouvelles avec de nouvelles valeurs, de
nouveaux rêves,
de nouvelles aspirations et de
nouvelles croyances.
Nous vous en prions,
efforcez-vous de refaire connaissance avec nous ;
peut-être nous apprécierez-vous de nouveau ?
Le jour anniversaire de la
naissance de notre enfant et celui de son décès sont
très difficiles à vivre pour nous,
de même que les
autres fêtes et les vacances.
Nous aimerions qu’en
ces occasions vous puissiez nous dire que vous
pensez aussi à notre enfant.
Quand nous sommes tranquilles
et réservés, sachez que souvent nous pensons à lui.
Evelyne, maman d’Olivia, et Gérard son papa,
notre petite princesse Lili,
parti tragiquement le
14 février 2005 à l’âge de 13 ans et demi.
Gérard
B

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